Rock Hell Mag a eu l’opportunité de rencontrer le groupe Versatile sur le site du Muscadeath peu de temps avant leur performance. Nous retrouvons donc à l’espace presse du festival Hatred Salander au chant, Cinis et Famine à la guitare et Morphée à la batterie.

Qui est Versatile
Comment s’est formé Versatile ?
- HATRED SALANDER : Tout a commencé par une idée que j’ai eu et assez rapidement les deux guitaristes m’ont rejoint. Voilà, présentez vous (rires).
- CINIS : Cinis, je suis guitariste dans le groupe.
- FAMINE : Famine, j’incarne une bête carnassière cannibale et du coup, je joue de la guitare aussi.
- CINIS : Parce qu’on a chacun nos personnages.
- HATRED SALANDER : J’avais écrit deux morceaux à ce moment-là sur les trois que je voulais écrire et ils ont débarqué au bout du deuxième. Il y avait une idée de faire quelque chose de différent, de faire quelque chose de très visuel avec des histoires. Dès le départ on a commencé à choisir nos costumes, à jouer ensemble et là on s’est dit, on est trois, on n’a pas de batteur, mais on commence direct parce qu’on voulait aller de l’avant. On avait déjà tous eu des groupes et on voulait que ça avance. On voulait avoir une image qui claque dès le début.
« On est Versatile, on est là. »
Tu évoques justement vos costumes, comment les avez vous choisi ?
- HATRED SALANDER : On a chacun cherché un peu sur [ndlr : le site de créateurs] ETSY via différents créateurs.
- CINIS : On avait une idée de l’esthétique qu’on voulait.
- HATRED SALANDER : En fait, t’avais en parallèle l’idée du personnage qui se construisait et en parallèle le look du personnage. Quelquefois c’était une idée qui donnait quelque chose au look et parfois c’était un élément du look qui donnait une idée. Mais on a chacun cherché pour nous-même, et on discuté en même temps ensemble pour développer les personnages. On a dit à FAMINE qu’il ne pouvait pas être en banc (rires).
- FAMINE : déjà une grande déception malgré toutes ces années-là (rires).
- HATRED SALANDER : pour Morphée c’était différent, parce qu’il est arrivé après. On lui a dit soit on t’invente un personnage soit, il y en avait déjà pas mal dans les chansons, tu choisis un personnage parmi ceux-là. Il a choisi un des personnages qui existait déjà un petit peu à savoir Morphée. Donc là, il avait l’idée et après il a approfondi son look tout en discutant avec nous.
Quelles sont vos principales influences musicales ?
- CINIS : on a tous des goûts totalement différents.
- HATRED SALANDER : il y a les groupes que j’aime bien écouter et ceux qui ont influencé Versatile. Dans les influences il y a Dimmu Borgir, Samael et Carach Angren. Mais aussi des groupes plus électro comme Psyclon Nine ou Hoccicio, de l’aggro tech. Il y a Wormfood pour le côté raconter des chansons, le côté paroliers. Sinon j’adore Septicflesh, mais c’est peut-être moins une influence ou encore Béhémoth.
- FAMINE : moi je pense que j’ai deux influences types pour la composition mais c’est beaucoup plus pour leur style d’écriture que pour la musique en elle-même : Strapping Young Lad pour le côté pur chaotique metal extrême bien assumé et Igorrr. Le fait de partir sur des compositions déstructurées c’est quelque chose de principal que j’ai.
- HATRED SALANDER : Anaal Nathrakh aussi peut-être.
Quelle chanson représente le mieux l’identité de Versatile ? et pourquoi ?
- CINIS : les morceaux sont tellement différents.
- HATRED SALANDER : il y a tellement de facettes à Versatile, qu’un seul morceau c’est difficile.
- HATRED SALANDER : il y aurait La Régente Blême. Il y a de l’électro et un côté très metal, mais il y a moins de sympho. Sinon il y a Ieshara, où il y a de l’électro aussi et un peu de sympho, mais c’est compliqué de n’en choisir qu’un.
- FAMINE : dans la conception de l’album sur les Les litanies du vide, on a réellement travaillé sur trois piliers principaux : le black metal, le metal indus et la musique symphonique. Principalement.
Quels sont les différents thèmes que vous abordez dans vos textes ? Est-ce qu’il y a un message ou une vision du monde que vous souhaitez transmettre ?
- HATRED SALANDER : il n’y a pas un message, dans le sens d’une leçon politique ou spirituelle, où je ne sais quoi. C’est moi qui écris les textes. Je n’écris pas pour donner mon avis parce que je pense qu’il est meilleur que les autres, ou je ne sais pas, c’est plus, faut voir ça comme un film par exemple ou un livre, un roman où l’idée c’est de te faire vivre quelque chose. Il y a évidemment une vision du monde qui est calquée sur mes principes. Par exemple, si j’ai un problème avec la drogue, il y a mon alter égo et Morphée qui vont parler de drogue, et puis il y a tout un aspect négatif qui s’inspire de tout ce que l’on peut trouver dans notre monde. Mais il n’y a pas un message.
Justement, tu disais que c’est toi qui écrivais. Comment ça se passe l’écriture d’un de vos morceaux ? Est-ce que c’est quelque chose de collectif ou d’individuel ?
- HATRED SALANDER : c’est partiellement collectif (rires). En général j’ai une idée de thème ou un titre de morceau. Ensuite on écrit la musique, donc c’est FAMINE et moi, chacun de notre côté, par section. Il va faire plusieurs riffs et moi plusieurs petits bouts de dix secondes et ensuite on colle tout ça ensemble et on se retrouve physiquement chez lui et après j’écris les paroles par-dessus la musique.
- FAMINE : Il faut vraiment imaginer que dans le processus de composition il y a d’abord l’idée générale qui est instaurée au centre et ensuite c’est tout un jeu de puzzle entre nous. Une fois la version démo sortie, CINIS et MORPHEE le ré-écoutent. Ils ont une oreille plus fraîche que la nôtre, parce qu’après avoir passé des heures à composer au bout d’un moment on est complétement pété et c’est eux qui peuvent après nous donner soit d’autres directions soit valider ce qui a été fait.
Parlons un peu de la scéne
Est-ce que vous avez un rituel particulier avant de monter sur scène ou en studio ?
RIRES
- FAMINE : la réponse est oui ! C’était dans le cadre d’un live. C’était une nuit où on avait soit moins de moral, soit plus de fatigue, bref il n’y avait pas une grande synergie entre nous et de manière spontanée j’ai mis une version Tequilla qui dure 10 heures et au final au moment ou il fallait hurler « Tequilla », à l’unisson on hurlait « Tequilla ». Finalement c’est quelque chose qui est resté. Ça nous permet de relâcher la tension pendant qu’on se maquille et après on met quelque chose plus dans l’ambiance pour se recentrer sur nos personnages.
- HATRED SALANDER : le maquillage aussi est un rituel. On fait ça en même temps, avec en fond sonore Tequilla pendant 40 minutes.
- CINIS : on se bloque une heure pour se préparer.
Quelle a été votre meilleure ou pire expérience sur scène ?
- FAMINE : le pire c’est facile.
- CINIS : pour moi la pire et la meilleure sont mélangées.
- HATRED SALANDER : ah alors on a peut-être pas les mêmes. Moi c’était deux jours d’affilés. Pendant la fête de la musique de 2024 où on a joué à Lausanne, la ville à côté de chez nous et le lendemain on a joué à Genève. A Lausanne c’était la pire, à Genève c’était la meilleure. Le premier c’était tout petit, on était sur le sol, il y avait peu d’espace, le son était mauvais et on avait eu plein de problèmes techniques. Le lendemain c’était un de nos meilleur concert, on était chez nous, il y avait beaucoup de public devant nous, il était à fond. Depuis on en a fait de vraiment cool, comme l’Apocalypse qui était vraiment chouette ou encore le Motocultor.
- CINIS : le meilleur ça reste le dernier en date, le Motocultor. Le fait de se retrouver devant autant de monde et sur la Main stage. Une des meilleures expériences.
- HATRED SALANDER : après je préfère être plus proche du public, là on était très loin.
- FAMINE : Et puis le contraste le plus sarcastique, c’est que niveau ambiance le Motocultor c’était hyper chouette mais c’était le plus inconfortable. On a joué à 16h, en pleine canicule, sur un sol noir, et moi je joue pied nu. Habituellement je reçois tout, agrafes, clous, n’importe quoi sur les pieds, mais là c’était particulier, c’était la chaleur qui me cramait les pieds pendant 40 minutes.
Si vous pouviez choisir de jouer sur une scène de festival, sur laquelle aimeriez-vous le faire ?
- FAMINE : à l’unisson je pense. Le Hellfest !
- FAMINE : sur la Temple du Hellfest.
- CINIS : toutes les salles nous font rêver, après c’est toujours une expérience différente, un accueil différent.
- FAMINE : c’est l’occasion de lancer un appel ! oui on aimerai jouer sur la Temple du Hellfest !
- HATRED SALANDER : Après le Muscadeath ça faisait un moment qu’on voulait le faire. ça faisait un an ou deux qu’on se disait qu’on aimerai bien jouer la-bas.
- FAMINE : MORPHEE rappelle nous où tu veux jouer ?
- MORPHEE : A la Temple du Hellfest !
J’ai vu que vous alliez également jouer sur une croisière.
- MORPHEE : oui c’est un truc de fou ça. C’est une croisière en Grèce. La Mediterranea Metal Cruise. J’y suis allée en tant que spectateur l’an passé et j’avais essayé de rentrer en contact avec eux pour voir si il y avait la possibilité de faire jouer le groupe, c’est un tout petit truc, il y a trois ou quatre groupes qui ont joué à la première édition. Ils nous ont répondu presque une année après en nous disant « oui si vous êtes motivée, il y’a une place pour vous ».
- CINIS : ouais c’est assez dingue.
- INTW : bientôt vous ferez les 70K TONES.
- FAMINE : personnellement j’aimerai bien.
- HATRED SALANDER : moi aussi. On a joué à Traumatica aussi. C’est un parc d’attraction horreur, associé à Europapark en Allemagne. Il y avait des zombies (des acteurs) autour de nous.
- FAMINE : on a été le premier groupe à performer du coup sur cette scène à Traumatica.
- HATRED SALANDER : ouais on a fait des trucs assez sympa et complètement inattendu.
J’ai vu que vous aviez fait aussi un feat avec Shaârghot. Comment ça c’est passé ?
- HATRED SALANDER : très très bien. J’étais super fan de Shaârghot avant même d’avoir Versatile, et je discutais avec Etienne, le chanteur, et dès que je lui ai proposé ça, il a été emballé et ça s’est super bien passé. Versatile a écrit le morceau et ils ont ajouté le chant et ils ont amené 2-3 idées, des bouts de guitare. Après ça on a réalisé le clip. On voulait clipé le morceau et c’était cool d’avoir Etienne avec nous.
- FAMINE : c’était très agréable de travailler avec Etienne.
- HATRED SALANDER : il est très ouvert, il a beaucoup d’idée, très pro.
Quelles sont vos prochaines actus ? Tournée ? Sortie d’album ?
- CINIS : on a quelques dates pour clôturer cette année. Le CrabeCore Festival, un festival local chez nous à Genève, en Suisse ; le Méditéranéean Metal Cruise qui est du 30 octobre au 3/11 et la dernière date qu’on aura, ce sera chez nous aussi, le Nyon’s on Fire, un petit festival à Nyon. Pour l’année prochaine, on a deux dates déjà annoncées : le festival Douceur Noir à Crosne (91) proche de Paris le 07/02 et au Tremblay Metal Fest le 31/03 à Tremblay.
Questions hors sujet
Si Versatile devait être un film d’horreur ou une créature mythologique, qu’est ce que ce serait ?
- HATRED SALANDER : en créature mythologique, ce serait soit une chimère, pour les différentes choses, soit un épouvantard dans Harry Potter, parce qu’il change de forme.
- FAMINE : oui un épouvantard ce serait assez intéressant.
- HATRED SALANDER : en film, ce serait un mélange un peu de Mad Max et un film d’horreur en même temps.
- FAMINE : Hell Raiser par exemple.
- HATRED SALANDER : oui oui c’est ça, Hell Raiser, c’est un bon choix.
- FAMINE : le côté personnages différents, les 3-4 personnages principaux.
Quelle est la chanson la plus « non metal » que vous écoutez secrètement ?
- HATRED SALANDER : il y a un peu de metal dedans, mais Norwegian Reggeaton.
RIRES
- FAMINE : la popularité de Versatile … elle descends la !
- CINIS : Agnès Obel, plus folk avec des violons, un peu dépressif, j’aime bien
- FAMINE : la musique zen avec des gangs tibétains, ça contraste pas mal
- MORPHEE : j’ai un péché mignon pour Dépèche Mode mais c’est à cause de mon âge ça.
Si vous pouviez voyager dans le temps pour assister à un concert, ce serait lequel ?
- FAMINE : 2006 le dernier concert de Strapping Young Lad
- HATRED SALANDER : Dimmu Borgir mais avec tous les anciens membres
- MORPHEE : un concert originale des Guns & Roses, mais c’est aussi à cause de mon âge
- CINIS : Ron Away de mon côté.
Merci à Alexandre de M&O Music pour l’organisation de cette interview.
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