Pas de temps à perdre, seulement quinze jours après le Xtrem Fest, direction Crahaix en Bretagne pour une nouvelle édition du Motocultor !
Mercredi 12 août – La veille du Motocultor
Je suis arrivée tranquillement dans la matinée au camping van (parking orange) du Motocultor. Cette année, les tentes étant interdites avec les vans, une partie de mes amis ont du rejoindre le camping classique. Et ça s’est rapidement transformé en parcours du combattant.
Le camping n’ouvre ses portes qu’à 14h et les contrôles à l’entrée sont particulièrement minutieux. Trop. La fouille prend du temps et les festivaliers patientent plusieurs heures sous un soleil dépassant les 36 °C. Certains déploient même leurs tonnelles directement dans la file d’attente afin de pouvoir patienter à l’abri …
Des pompiers sont présents avec un petit jet d’eau pour rafraîchir les personnes dans la file, mais celui-ci ne suffit évidemment pas à compenser la chaleur. Aucun dispositif de distribution d’eau n’est mis en place.
La communication semble également compliquée sur certains points : les bénévoles ne disposent pas toujours des mêmes informations concernant les objets autorisés, les poubelles ou encore les différents campings. Certains bénévoles en sont même venus à se demander si les sardines de tente étaient autorisées sur le camping …
Après plus de deux heures d’attente, mes amis finissent par enfin accéder au camping. De mon côté, je récupère simplement mon bracelet avant de retourner au camping van pour installer rapidement notre campement, qui se résumera cette année à une tonnelle.
Une éclipse solaire au-dessus du Motocultor
La soirée prend ensuite une tournure assez insolite. À 19h21, l’éclipse solaire commence. Nous pouvons l’observer depuis le camping van.
Le maximum intervient à 20h18, avec environ 95,5 % du Soleil occulté en Bretagne. La baisse de luminosité est bien perceptible et la température devient rapidement plus agréable sur le camping. La soirée se poursuit autour d’un apéro avec les amis, avant d’attaquer la première journée de festival.

Jeudi 13 août – Première journée au Motocultor !
À partir de 11h30, les voitures commencent progressivement à envahir le camping van, qui prend rapidement des allures de parking.
À 14h, les portes du festival ouvrent. Le soleil tape déjà fort et la chaleur va rapidement devenir l’un des éléments majeurs de cette première journée.
Après avoir récupéré mon pass photo à la tente presse, je fais un rapide passage par le Metal Market avant que celui-ci ne soit trop fréquenté. Mauvaise idée : sous le chapiteau, la chaleur est encore plus étouffante qu’à l’extérieur.
Le site compte quatre scènes. Deux Mainstage (la Dave Mustage et la Suppositor Stage) ainsi que deux scènes plus petites (la Massey Ferguson et la Bruce Dickinscène). Les deux petites scènes sont désormais sous chapiteau, alors que la Bruce Dickinscène était en extérieur l’année précédente. Une modification qui permet notamment de bénéficier d’un espace ombragé pendant les concerts.
L’organisation de l’espace a également évolué : le merchandising du festival a changé d’emplacement et est remplacé par un bar.
Autre nouveauté : le Motocultor dispose cette année d’une application développée avec Imagina, permettant notamment d’accéder au running order, au cashless, aux informations pratiques, au plan interactif et au programme personnalisé.
Le festival propose également un tarif préférentiel pour accéder à la piscine Plijadour de Carhaix : 5,20 € pour les adultes, contre 6,10 € habituellement, avec une ouverture de 10h à 19h pendant le festival.
Motocultor – Running order de la première journée

Unearth
Unearth lance cette première journée sur la MainStage, pendant que FauxX ouvre simultanément sur la Bruce Dickinscène.
Le premier concert de ma journée est celui d’Unearth, qui ouvre la Dave Mustage. Originaire du Massachusetts, le groupe américain évolue dans le metalcore, avec des influences de death metal, de thrash metal et de hardcore. Unearth fait partie des formations qui ont contribué à établir le metalcore américain au début des années 2000. Le groupe termine sa tournée européenne estivale débutée fin juillet avec sa dernière date au Motocultor !
Pour ce premier concert de la journée, l’ambiance commence encore tranquillement. Le festival vient tout juste d’ouvrir et le public prend progressivement possession du site.
Unearth lance donc officiellement la journée sur la MainStage, pendant que FauxX se produit simultanément sur la Bruce Dickinscène.
Set List : Black Hearts Now Reign / Incinerate / This Glorious Nightmare / Mother Betrayal / My Will Be Done.
200 Stab Wounds
Direction ensuite la Suppositor Stage pour 200 Stab Wounds.
La sécurité commence déjà à arroser les festivaliers à l’aide d’une lance à eau.

Originaire de Cleveland, dans l’Ohio, le groupe pratique un death metal fortement ancré dans les sonorités old school, avec des passages mid-tempo et des accélérations brutales. Leur dernier album en date est Manual Manic Procedures, sorti en juin 2024 et le groupe prépare actuellement une tournée américaine en tête d’affiche pour septembre.
Les musiciens arrivent sur scène et se placent dos au public. Ils restent ainsi jusqu’au début des premières notes, avant de se retourner pour lancer véritablement le concert. Le premier morceau comporte une très longue introduction instrumentale, sans chant.
Sur scène, les musiciens ne restent pas statiques. Ça headbang, les cheveux volent dans le vent des ventilateurs installés sur scène et l’énergie commence rapidement à gagner le public.
Dans le pit, les premiers mouvements apparaissent avec notamment un circle pit.
La chaleur est toujours aussi importante. La sécurité utilise d’ailleurs une lance à eau pour arroser régulièrement les festivaliers. Une scène qui va devenir assez récurrente au cours de la journée.
Pause fraîcheur au Motocultor
Il est déjà temps de faire une première pause eau… et cidre.
Cette année, plusieurs références de La Mordue sont disponibles : Original, IPA, Hard et Lime. Je goûte d’abord la version Original. Petit regret : le cidre rosé de l’année dernière ne semble pas être proposé cette fois-ci. Ni au bar, ni au livre service.
Au bar, impossible cependant de commander un verre de 25 cl : seules les pintes sont proposées. J’apprendrai plus tard qu’il est possible de prendre du 25 cl au niveau du libre-service.
Pour les bières, le festival continue de privilégier des références locales. Hypocras et vin sont également disponibles, mais avec la chaleur, l’eau reste rapidement la boisson principale. La mienne en tout cas.
Wolfheart
Retour devant la Dave Mustage avec Wolfheart.
Originaire de Lahti, en Finlande, Wolfheart pratique un metal mêlant death metal mélodique, black metal et éléments atmosphériques. Le groupe se définit lui-même comme une formation de « winter metal ».
Le pit reste relativement calme devant la Dave Mustage. La chaleur joue forcément sur l’ambiance générale. Une nouvelle fois, la sécurité utilise une lance à eau pour rafraîchir le public.
Après quelques morceaux, la chaleur devient difficilement supportable. Je décide donc de retourner vers la tente presse pour pouvoir écouter le concert assise et à l’ombre.
Set List : Ancient Cold / Ghosts of Karelia / Burning Sky / Breakwater / The King / Carnivore / The Hunt / Boneyard / Grave / The Hammer
Motocultor – Restauration : une offre particulièrement variée
Une pause glace s’impose avant de rejoindre la prochaine scène.

La zone restauration regroupe près d’une vingtaine de stands. L’offre est particulièrement large : cuisine libanaise, indienne et vegan, américaine, pizzas, burgers, cuisine hawaïenne, poke bowls, sénégalaise, japonaise, poutine québécoise, cuisine asiatique ou encore savoyarde.
On retrouve également du café, des crêpes, des glaces et un bar de fruits frais.
Quelques tables et bancs sont installés sous un petit chapiteau, mais leur nombre reste limité par rapport au nombre de festivaliers. Beaucoup s’installent donc directement dans l’herbe en plein soleil.
À 17h20, la chaleur étant toujours bien présente, le choix est vite fait : une glace chez Les Glaces de Rosalie. Une boule parfum framboise rose, à 3,80 €.
Pas le temps de s’attarder : le prochain concert arrive.
Sanguisugabogg
Le nom est difficile à prononcer, mais le style est immédiatement identifiable : Sanguisugabogg vient de l’Ohio et pratique un death metal particulièrement brutal. Le groupe revendique lui-même l’appellation « down tuned drug death ».
Le groupe est actuellement porté par son album Hideous Aftermath, sorti le 10 octobre 2025. Produit par Kurt Ballou, le disque compte notamment des participations de membres de Full of Hell, Cattle Decapitation, PeelingFlesh, Defeated Sanity et Nails.
Le groupe poursuit également ses tournées en 2026, avec notamment une tournée nord-américaine avec Dying Fetus prévue à l’automne.
Le pit se met rapidement en mouvement avec plusieurs slams et un circle pit. Quelques ballons de plage font également leur apparition au-dessus du public. Quelques slams apparaissent, accompagnés d’un circle pit qui se forme dans la fosse.
La scène est donc assez représentative de l’ambiance d’un festival metal en plein été : un groupe de death metal particulièrement brutal sur scène, un pit qui s’agite devant, des festivaliers arrosés par la sécurité et des ballons qui circulent au-dessus des têtes.
Set List : Rotted Entanglement / Feening for Bloodshed / Skin Cushion / Felony Abuse of a Corpse / Face Ripped Off / A Lesson in Savagery / Abhorrent Contraception / Dragged by a Truck / Dead as Shit.
Kittie
Je retourne ensuite vers la Dave Mustage pour découvrir Kittie.
Originaire de London, en Ontario, le groupe canadien s’est fait connaître à la fin des années 1990 avec un metal marqué notamment par le nu metal. Après plusieurs années loin des scènes, Kittie s’est reformé au début des années 2020.
Le concert démarre avec environ dix minutes de retard. Quatre musiciennes entrent ensuite sur scène. La température commence enfin à légèrement baisser et le soleil perd progressivement de sa puissance.
Le concert est vraiment top, mais je suis également curieuse de découvrir ce qui se passe sous la Bruce Dickinscène. Je reste donc seulement quelques morceaux avant de changer de scène.
Celkilt
CelKilt est un groupe français de rock celtique festif, qui mélange l’énergie du rock avec différentes influences issues des musiques celtiques.
Pour cette date au Motocultor, le groupe est accompagné du Bagad ar Meilhoù Glaz de Quimper.
Le concert qui change l’ambiance de la journée au Motocultor
À peine arrivée sous le chapiteau, je constate déjà une différence avec les concerts précédents : l’ambiance est nettement plus festive.
Plusieurs musiciens du Bagad ar Meilhoù Glaz de Quimper sont même présents dans la fosse photo lorsque j’arrive.
Sur scène, l’énergie est constante. Le chanteur sollicite régulièrement le public et lui demande notamment de reproduire différentes chorégraphies avec les bras et les doigts. Le public suit.

L’un des guitaristes descend également dans la fosse, rapprochant encore davantage le groupe des festivaliers.

La présence du Bagad ar Meilhoù Glaz apporte plusieurs instruments supplémentaires et modifie évidemment la configuration du concert. Le mélange entre les instruments du groupe et ceux du bagad donne à la prestation une dimension particulièrement festive. Et dans le public, ça saute. Sur scène aussi, ça saute aussi.
Après plusieurs heures passées à chercher désespérément un coin d’ombre, le fait de profiter du concert sous un chapiteau est également particulièrement agréable.
À ce moment précis, Celkilt devient mon coup de cœur de la journée. Je suis clairement contente d’avoir quitté Kittie pour venir découvrir ce concert.
Set List : Hey ! What’s Under Your Kilt ? / Dig Around / The Road Takes Me Home / Kilt Up! / On the Table / The Next One Down / Everyday’s St Patrick’s Day.
Bloodbath
Retour au death metal avec Bloodbath.
Originaire de Suède, le groupe s’est construit autour de musiciens issus de différentes formations de la scène metal scandinave. Son approche reste fortement attachée au death metal old school.
Avec Nick Holmes de Paradise Lost au chant depuis plusieurs années, Bloodbath reste l’une des formations les plus identifiables de cette scène.
Set List : So You Die / Breeding Death / Carved / Like Fire / Outnumbering the Day / Putrefying Corpse / Cancer of the Soul / Brave New Hell / Mock the Cross / Fleischmann / Let the Stillborn Come to Me / Cry My Name / Eaten.
Après les photos, la faim revient rapidement. Je tente donc de rejoindre la restauration, mais les files d’attente sont désormais importantes.
Impossible d’attendre trop longtemps entre deux concerts : je me rabats donc sur une gaufre au sucre. Pas forcément la meilleure gaufre du festival, mais elle aura au moins le mérite de faire patienter.
Godsmack
La soirée se poursuit avec Godsmack.
Originaire du Massachusetts, le groupe américain évolue entre hard rock et metal alternatif.
Le pit reste plutôt calme pendant le concert. Ce n’est pas particulièrement surprenant au regard du style de la formation et de l’ambiance générale devant la MainStage. Mais le concert prend une autre dimension lorsque la seconde batterie présente sur scène, s’avance au devant de la scène.
Les deux batteurs commencent alors un long passage consacré aux percussions. Les batteries changent régulièrement d’orientation : parfois tournées vers le public, parfois placées face à face. Le passage est particulièrement impressionnant visuellement et permet de mettre les deux batteurs au centre de la prestation. Le solo de double batterie comporte malgré tout quelques longueurs, mais l’idée reste particulièrement spectaculaire.
Set List : When Legends Rise / You and I / Straight Out of Line / Awake / Surrender / Keep Away / 1000hp / Cryin’ Like a Bitch!! / Voodoo / Batalla de los tambores (with snippets of « Back in Black », « Walk This Way », « Enter Sandman » and a fourth unrecognized song) / Whatever / Bulletproof / I Stand Alone
Amenra
Après Godsmack, changement radical d’atmosphère avec Amenra.
Originaire de Belgique, Amenra est associé à la scène post-metal et au collectif Church of Ra.
Le concert se déroule dans des conditions lumineuses particulièrement sombres. La scène reste quasiment constamment plongée dans le noir et le chanteur apparaît quasiment toujours de dos.
Set List : Salve Mater / Razoreater / Plus près de toi (Closer to You) / De evenmens / A Solitary Reign / Terziele / Am Kreuz / Diaken
Primus
Dernier passage devant la Dave Mustage avant de rejoindre la Massey Ferguson pour la clôture.
Primus, originaire de Californie, évolue dans un registre difficile à classer mais généralement associé au funk metal. Le groupe est notamment reconnaissable au jeu de basse très particulier de Les Claypool.
Le concert est assez « perché ». L’univers de Primus est très différent de celui des autres groupes vus au cours de la journée et la prestation possède une identité bien particulière. Personnellement, je n’accroche pas particulièrement au concert et je ne reste pas jusqu’au bout.
Set List : Those Damned Blue-Collar Tweekers / Here Come the Bastards / Groundhog’s Day / The Ol’ Grizz / Too Many Puppies / Seas of Cheese / Mr. Krinkle / John the Fisherman / Holy Diver (Dio cover) (with Mark Osegueda) / Welcome to This World / My Name Is Mud / Jerry Was a Race Car Driver
OOMPH!
Pour terminer cette première journée, direction la Massey Ferguson avec OOMPH!
Le groupe allemand, originaire de Wolfsburg, est l’une des formations historiques de la Neue Deutsche Härte, mélangeant metal industriel, éléments électroniques et influences issues notamment de la new wave. C’est un groupe que j’écoutais il y a plus de dix ans, mais dont je n’ai pas réellement suivi l’évolution depuis. Entre-temps, un changement majeur a eu lieu puisque Der Schulz a remplacé Dero Goi au chant.
Il y a forcément un petit effet nostalgique à retrouver OOMPH! après autant d’années. Le groupe arrive avec une configuration différente de celle que j’avais connue, notamment avec Der Schulz au chant.
Visuellement, quelques éléments attirent immédiatement l’œil : le chanteur apparaît notamment avec un long manteau de fourrure, tandis que le guitariste utilise une guitare équipée de LED bleues.
L’ambiance dans le public n’est cependant pas particulièrement intense pour cette fin de journée.
Un problème de microphone intervient également vers la fin du concert.
OOMPH! clôt donc cette première journée sur la Massey Ferguson.
Set List : Träumst Du / Labyrinth / Sandmann / Gott ist ein Popstar / Augen auf!
Conclusion de cette première journée au Motocultor
Cette première journée n’était clairement pas celle que j’attendais le plus en matière de programmation. J’étais néanmoins particulièrement curieuse de retrouver OOMPH! sur scène, plus de dix ans après les avoir écoutés régulièrement.
Et finalement, ce n’est pas le groupe que je retiendrai le plus de cette journée.
La véritable surprise vient de Celkilt, dont le passage accompagné du Bagad ar Meilhoù Glaz de Quimper aura complètement changé l’ambiance de ma journée. Une prestation festive, énergique et particulièrement agréable à suivre depuis la Bruce Dickinscène.
Côté metal extrême, 200 Stab Wounds, Sanguisugabogg et Bloodbath auront apporté leur lot de pits, de circle pits et de slams.
Godsmack aura quant à lui offert l’un des moments les plus spectaculaires de la journée avec son passage à deux batteries.
Mais s’il fallait retenir une chose de cette première journée, ce serait probablement la chaleur.
34 °C à l’ombre, beaucoup de poussière, peu d’espaces ombragés et la nécessité de chercher régulièrement un endroit où échapper au soleil.
Il reste maintenant à espérer que les quatre degrés de moins annoncés pour demain seront bien au rendez-vous.
Merci à Angie pour l’accréditation.








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