Red Sun Atacama – Interview au Motocultor 2026

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À l’occasion du Motocultor 2026, j’ai retrouvé Vince et Clément de Red Sun Atacama pour une interview express. Originaire de Bordeaux, le trio développe un univers entre desert rock, stoner et sonorités heavy psych, avec une identité qu’il décrit comme du « Desert Punk locos ». Après avoir découvert leur set sur scène dans l’après-midi, c’était l’occasion d’échanger avec eux autour de leur parcours, de leur univers musical et de Summerchild, leur album sorti le 13 mars 2026. Retour sur cette rencontre avec deux membres d’un groupe qui nous embarque quelque part entre soleil brûlant, poussière et riffs bien lourds. 

Red Sun Atacama

Comment s’est passé votre concert ? 

Vince : Incroyable !

Clément : Super !

Vince : On est content, premier circle pit de l’histoire de Red Sun Atacama, il y avait du monde, c’était cool, l’accueil du fest était très pro, on s’est régalé.

Clément : Félicitations aux équipes techniques, vraiment, c’est vraiment très cool.

Vince : D’une fluidité exemplaire disons.

Clément : Et aussi au fest pour l’organisation avec les sounds check. C’est toujours très agréable d’avoir des sounds check, ou en tout cas des lines check de qualité. Sur certains fest ça se fait en 5 minutes, là on avait bien une demie heure. Ca met beaucoup en confiance et félicitations aux festivaliers de s’être levés aussi tôt, parce que à 14h, un quatrième jour, là il faut en vouloir quoi.

Pour ceux qui vous découvrent aujourd’hui, comment décririez-vous le groupe en quelques mots ? 

Vince : On fait du stoner psyché avec un penchant punk, c’est-à-dire que ça va assez vite.

Clément : Ouais, il y a une étiquette que nous avait mis une fois Thomas il y a très longtemps et qu’on utilise à foison, c’est Desert Punk Psych. Et ça colle assez bien. 

Et pourquoi le Desert Punk? 

Clément : Alors, punk c’est plus au niveau de l’énergie. Désert, c’est parce que le Desert Rock, c’est une espèce de sous-catégorie du Stoner Rock, qui est, on va dire, un petit peu moins… On va dire un peu moins street, un peu plus … typiquement, avec un peu plus de psyché, un peu plus de désert, un peu de mysticisme. 

Vince : Très inspiré par les generator party (ndlr : type de soirée musicale généralement associé à la scène stoner rock, desert rock et psychédélique). Dans le désert californien, des mecs qui prenaient des piscines désaffectées, qui en faisaient un skatepark à concert, et qui prenaient des drogues et qui jouaient de la guitare à fond toute la nuit, avec cet imaginaire là, et c’est un style assez cool quoi. Beaucoup de bagnole, de voyage…

Clément :  Au final, les desert rockers, c’est un peu les hippies, mais avec un peu de disto, une grosse batterie et des guitares détunées, mais finalement, c’est ça. 

Vince : En gros, ouais. 

Si vous pouviez faire écouter un seul de vos morceaux à quelqu’un qui ne vous connaît pas, lequel choisiriez-vous ? 

Clément : Revvelator. Revvelator, il y a tout dedans. Il y a littéralement tout ce qui fait le groupe.

Vince : Ouais, je suis d’accord.

Est-ce qu’il y a un morceau que vous avez moins aimé enregistrer, mais que vous adorez jouer en live ? 

Clément : Ah elle est dure cette question. Dis donc bien joué ! 

Tu l’as pas déjà eu celle ci ? 

Clément : Ah celle là je l’ai pas déjà eu, bien joué Sarah !

Vince : Ah je pourrai dire Ragdoll ? parce qu’on en a vraiment chier à l’enregistrer. On ne l’a joué que deux fois en live. J’ai hâte qu’on la passe assez bien pour qu’on puisse la jouer en live propre.

Clément : On l’aime beaucoup.

Vince : Juste qu’on est pas encore assez carré …

Clément : Ca a été un enregistrement dur, ce dernier album et celle là arrivait le dernier jour des prises lives et du coup forcément, la fatigue dans les pattes, le stress, etc fait que c’était … ça nous a demandé un peu. Mais on l’adore. On l’adore.

Vince : La façon dont on enregistre, en fait, fait que la place du live est très importante. Ce qui fait qu’en gros, t’as 5-6 prises avant que le batteur soit épuisé et te déteste. Donc il ne faut pas trop merder. Et quand t’es épuisé physiquement, moralement, c’est dur à passer. Donc, Ragdoll a été une épreuve à passer en studio. On a hâte de la passer propre en live. On a déjà commencé à la passer, on va travailler ça. Voila. C’est pas qu’on a pas aimé l’enregistrer, c’est qu’elle était plus exigente on va dire que les autres en terme de longueur, de up and down. 

Clément : Et pour faire une micro parenthèse là dessus, en fait, le truc, c’est qu’avec la méthode d’Amaury ; du studio dans lequel on a enregistré les deux derniers albums, comme tout est en prise live, c’est pas : “on fait des cuts, vas-y la guitare juste une seule” ; en fait il faut que tout le monde soit, je ne vais pas dire parfait, mais bien, sur toute la prise.

Vince : Il y a une exigence qui est là.

Clément : C’est ça.

Vince : C’est pas de l’analogique, mais on s’en rapproche. 

Clément : Donc du coup, si il y a quelqu’un qui chie, bha forcément faut recommencer, donc voila. 

Entre votre album Darwin et Summerchild qu’est ce qui a le plus changé dans votre manière de composer ?

Clément : Composer ? rien … ce qui a changé c’est la durée des morceaux.

Vince : A la base on avait essayé de s’imposer le fait de faire des chansons de moins de 4 minutes. Tu chasses le naturel, il revient au galop. On n’a pas réussi à le faire. On a quand même un morceau de 9 minutes au milieu. Mais on fait quand même des morceaux plus courts, un peu plus efficaces. Voilà, mais on a repris quand même le squelette qu’on avait sur Darwin qu’on aimait bien en termes de texture, d’intention.

Clément : De mix tout bêtement.

Vince :  On a essayé d’en faire un truc peut-être un petit peu plus efficace, des morceaux un peu moins longs. Je ne vais pas risquer le terme pop, mais presque quand même, on a essayé d’être plus efficace. Mais sinon… 

Clément : On a mis un peu plus de voix. 

Vince : La voix a pris un peu plus d’importance sur cet album-là, on a rajouté quelques claviers, on s’est fait un peu plaisir là-dessus. Mais sinon, on a quand même repris les acquis qu’on avait sur Darwin.

Clément : C’est la même recette, peut-être un petit peu de condiments différents, on a essayé de faire plus efficace, mais globalement… 

Vince : Ca y est j’ai faim !

Clément : Désolé. Mais globalement, oui, c’est des albums, je ne veux pas dire qu’ils fonctionnent en binômes, mais assez frères. 

D’ailleurs, quel morceau de votre dernier album est-il le plus représentatif de ce qui est devenu votre groupe.

Clément : Elle est dure celle-là aussi, bravo. J’ai envie de dire « Conveyor ». 

Vince : Ouais Conveyor, parce qu’on a quand même vraiment mis une énorme patte ; presque… On a fait de grands écarts sur cet album. C’est vrai qu’on n’avait pas dit ça avant, mais on a fait des grands écarts. On est très influencés par tout ce qui s’est passé en Garage cette dernière année, d’ailleurs on espère que les festivals comme le Motoc, le Hellfest et tous, vont s’ouvrir à tout ça, parce qu’on aime beaucoup tout ce que font, et Conveyor c’est un morceau sur lequel on fait pure stoner et à côté de ça on va mettre de l’influence psyché, surf rock …

Clément : C’est-à-dire qu’on essaye de vraiment mettre ce côté un petit peu … Finalement ça accentue un peu plus ce qu’on avait comme intention à la base, y’a un espèce de côté … punk californien, psyché californien un petit plus poussé, là où avant c’était dans les influences et on essayait d’en faire, mais là c’est vrai que là on a un peu accentué, mais ça reste quand même avec notre étiquette à nous, avec des guitares détunés, avec la grosse drum, mais ouais. Ou sinon, « Ragdole » aussi. Je pense que l’une comme l’autre, ça joue.

Vince :  Il y a des grands écarts qui nous correspondent bien dans ces chansons donc ouais, c’est l’idée. 

Est-ce que vous avez déjà eu un morceau qui a complètement changé de direction pendant les répétitions ? 

Vince : Dans la genèse, tu vois, « Commotions« . On a passé énormément de temps à trouver les directions. À la base, c’était un truc pur stoner, ça a fini un peu… 

Clément : Ah, alors. A la base … Est-ce que je peux le dire ou pas ? 

Vince : Je ne m’en rappelle plus, vas-y.

Clément : A la base, la naissance de Commotions, le riff principal, bha finalement, enfin non quoi que non, parce que le riff principal on l’a changé complètement. Ces deux riffs qui étaient amenés par Vincent. Un riff, celle où tu as mis le plus la patte d’ailleurs. Un riff couplé et un riff chorus. Et en fait, le riff couplé c’était vraiment, merde … Sepultura là …

Vince : La cailleuse quoi.

Clément : Non Sepultura.

Vince : Ah oui, on voulait l’appeler Sulfura.

Clément : Enfin, y’a toujours des noms nuls juste le temps de travailler, on trouve des meilleurs noms une fois qu’il y a les textes. Mais du coup, ouais, en fait, celui-ci, à chaque fois que j’étais là, genre, le chorus n’a quasiment pas changé. En tout cas, non, il n’a pas changé. Mais du coup, oui, en fait, le riff de chorus est resté, mais couplé avec Robin, et ça genre ça va pas mec… Et finalement, on a complètement changé pour faire autre chose un peu plus… Peut-être « Festible Stranger », un petit peu dans ce genre de vibe-là, et en vrai, c’est ce qui manquait au morceau… Et voilà… 

Vince : On a gardé des refrains, des fois un petit peu lourds, « Stoner » à l’ancienne, et on est parti sur une vybe en plus garage-y… 

Clément : Globalement dans la Genèse Genèse, je pense que c’est celui qui a le plus changé. Après dans la réalité, une fois qu’on commence, que la structure elle est posée, que du coup derrière il y a la batterie, la guitare qui s’affine.

Vince : Il faut dire que sur le dernier album on allait très vite. Darwin je pense qu’on a mis plusieurs années à le composer, le dernier album on a mis 6 mois à le composer. Donc il y a eu une espèce d’urgence… 

Clément : 6 mois ! En février, il n’y avait pas de morceaux ! Voilà on a enregistré … On a fait les pré-prod. C’est allé extrêmement vite. Avril. 

Je vais avoir une dernière question.
Vous avez commencé le groupe il y a maintenant plus de 10 ans. Si vous pouviez faire écouter votre premier EP à la formation actuelle, qu’est-ce que vous-vous diriez ? 

Clément : Waouh! 

Vince : Je ne l’ai pas composé le premier EP donc je serais mal placé pour …

Clément : Honnêtement, je pense que les conseils que je donnerais finalement, c’est les conseils qu’on a accumulés depuis toutes ces années, c’est-à-dire que,  au niveau des .. en fait les idées de base étaient déjà .. ce qu’on est aujourd’hui, c’est vraiment au niveau de l’efficacité je pense.

Vince : Et d’une, et on a énormément appris avec Amaury. C’est con, mais il nous a fait faire des exercices pour jouer ensemble. On pensait jouer ensemble, on pensait ne pas être trop mauvais et il nous a fait faire des exercices en tapant dans nos mains, on s’est rendu compte que les guitares accélérait. On tapait dans nos mains, en chantant, juste pour se rendre compte que la basse et la guitare allaient trop vite par rapport à la batterie. C’est des trucs comme ça, technique. Après juste à mon humble niveau, par rapport à l’EP, je pense avoir ajouté une touche Pink Floyd et tout, mais sinon l’essentiel de l’intention était déjà là dans le premier EP, c’est juste qu’entre temps, on a appris à se connaître, on a eu des conseils de feu de Amaury et voila.

Clément : c’est ça beaucoup de travail, mais c’est le genre de conseils où ça aurait été très cool qu’on les aient au début. Ça reste bon mais, ça aurait été beaucoup plus efficace très vite. 

Red Sun Atacama en photos sur la scène du Motocultor

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Merci à ANGIE de NRV promotion pour l’organisation de cette interview.

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